herve durand

Hervé Durand

L’Institut Saint-Pierre, acteur majeur de la santé et de la protection de l’enfance, a pour objectif de porter des projets de recherche et d’innovation afin d’améliorer le confort de vie de l’enfant face à la maladie. Mais aussi mener des actions de prévention et de sensibilisation. Hervé Durand, le président de la Fondation et de l’Institut Saint-Pierre et Loïc Bernard-Michel, directeur général ont accepté de répondre à nos questions.

Chefs d’Oc : L’institut Saint-Pierre est un acteur majeur de la santé et de la protection de l’enfance en Occitanie. Quels sont les enjeux de l’enfance de demain ?
Hervé Durand : Les enjeux de demain ne sont pas si différents des enjeux d’hier. On se retrouve un peu au même rendez-vous qu’il y 100 ans. L’avenir de nos structures se joue par l’accompagnement social de manière générale. Nous sommes le plus gros hôpital pédiatrique de France. En plus de porter une structure sanitaire, nous sommes entrés dans le monde médico-social en reprenant à Trèbes un ITEP qui accueille 60 enfants en rupture avec la société. Nous sommes très sensibilisés à l’aspect social des choses. On doit se battre pour continuer à avoir nos budgets de fonctionnement et continuer à servir la qualité de nos soins, continuer à motiver nos équipes. L’obésité est également un véritable rendez-vous de société.

C.O. : Pourquoi, l’année du centenaire, se transformer en fondation d’utilité publique ?
H.D. : Simplement dans un souci de stratégie philanthropique. Nous étions tellement écrasés par le quotidien du fonctionnement que tout ce qui était à développer sur le plan social et de la recherche méritait d’avoir une structure à part entière. En étant fondation, nous nous sommes ouverts à un autre monde. Après 100 ans d’histoire, des dizaines de milliers d’enfants ont été accueillis et soignés au sein de cette institution. Depuis toutes ces années, les missions se sont diversifiées, se sont enrichies, mais elles sont toujours restées conformes à une vocation unique : l’enfant. Aujourd’hui, grâce à cette transformation, la fondation Saint-Pierre peut donner une impulsion encore plus forte à ses actions. C’est aussi pour permettre à des philanthropes, des donateurs et des entreprises de soutenir autrement la cause de la santé de l’enfant.

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C.O. : Quels sont les nouveaux engagements de la fondation ?
H.D. : Fédérer l’ensemble des initiatives sur la santé de l’enfant. En privilégiant les croisements et les échanges. Mais aussi créer une communauté de sens et d’actions et ainsi avoir un impact plus important au profit des enfants malades ou en difficulté. Pour permettre, enfin, une syndication de moyens, de projets, d’expérience au bénéfice de l’enfant.

C.O. : Quelles seront les réalisations de cette fin d’année ?
H.D. : Nous sortons d’une manifestation “24H Saint-Pierre” qui a été la première du genre pour la fondation. Une course en équipe de 24 heures qui a rencontré un vif succès. Le fond de ce type d’action, c’est la solidarité des bénévoles.
Nous avons un très beau rendez-vous le 13 Novembre au soir à l’Opéra de Montpellier à l’occasion duquel nous remettrons un prix de l’innovation à deux entreprises françaises. Une innovation qui concernera les enfants évidemment. Nous remettrons 100 000 euros dotés par la caisse d’épargne en collaboration avec la Métropole de Montpellier dans le cadre de leur stratégie “Montpellier, capitale de la santé”. Mais nos efforts vont également se concentrer en interne car nous ne pouvons pas faire que des manifestations publiques.

C.O. : De nombreux projets ont été montés avec l’aide et la participation de chefs comme Paul Courtaux ou Charles Fontès pour n’en citer que deux. Je pense par exemple au festival “#Bon, ramène tes parents”. Vous essayez de rassembler les chefs locaux autour de vos projets ?
Loïc Bernard-Michel : C’est une opération qui s’est déroulée au mois de Mai. En effet nous avons mobilisé un certain nombre de chefs pas que régionaux mais c’est vrai que ces derniers ont très bien répondu. Cet événement a eu pour but de sensibiliser tous les acteurs y compris au sein de l’hôpital au problème de l’alimentation chez les enfants. Nous avons ici une unité diététique médicalisée qui accueille des enfants en surpoids. Il n’y a pas de secret, indépendamment du sport, l’alimentation est fondamentale. Nous avons une véritable stratégie d’alimentation en interne, pour tous les enfants.

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C.O. : Que peut vous apporter le travail des Chefs d’Oc ?
H.D. : Avec les chefs, nous servons la même cause.
Les structures comme les nôtres sont au cœur de la question sur l’alimentation. Eux participent aussi à ce message en nous accompagnant dans ce type de manifestations. Paul Courtaux du restaurant Le saint-Georges reçoit tous les mois des enfants d’ici dans sa cuisine pour leur apprendre un certain nombre de gestes. Il le fait avec beaucoup d’élégance et de discrétion. Il faut que nous initiions davantage de partenariat de ce genre. Continuer à bâtir. Leur travail nous motive.
L.B.M. : Nous disposons d’une cuisine thérapeutique dans laquelle les enfants en surpoids apprennent à cuisiner de façon équilibrée. L’objectif est de nouer des liens avec des chefs. Aujourd’hui nous souhaitons nous inscrire dans une politique alimentaire totalement responsable. Nous avons franchi le premier pas avec des plateaux repas à 50% composés de produit bio et en circuit court. L’objectif étant de passer à 100% dans un an. Nous estimons avoir une vraie responsabilité sur le sujet.

C.O. : Ce sont les meilleurs ambassadeurs du goût ?
H.D. : Bien sûr. Avec leur présence, leurs témoignages et notre expérience, nous pouvons bâtir des choses importantes et durables. Pour preuve, l’idée du festival “#Bon, ramène tes parents” ne vient pas de nous mais du chef Olivier Chapuis. Nous souhaitons accueillir tous les chefs qui le souhaitent. Nous avons tous les outils disponibles s’ils veulent donner un peu de temps. Le but c’est que les enfants apprennent à cuisiner eux mêmes pour qu’ils retrouvent le plaisir de manger.
L.B.M : l’outil existe il est performant et moderne. Et les enfants ont un véritable besoin.

PROPOS RECEUILLIS PAR MARIE GINESTE
Photos ©Guilhem CANAL