Du côté des producteurs Gerard Bertrand Guilhem

GÉRARD BERTRAND : L’ambassadeur de sa région

En seulement trois décennies, l’ancien rugbyman, aux faux airs de Vincent Cassel, a su développer son groupe autour d’un art de vivre épicurien devenant le symbole du nouveau Languedoc viticole. À 53 ans, cet entrepreneur aguerri revendique une dynamique impulsée autour de l’art de vivre méditerranéen.

Du côté des producteurs Gerard Bertrand Guilhem

Du côté des producteurs Gerard Bertrand Guilhem
Du côté des producteurs Gerard Bertrand Guilhem

Le domaine Gérard Bertrand puise ses origines à Villemajou dans l’Aude. C’est en 1987 qu’il reprend le domaine familial dans les Corbières après la mort accidentelle de son père Georges. « Choisir, c’est renoncer ». Un pied dans la vigne, l’autre sur un terrain de rugby, il décide de mener de front ses deux passions. Aujourd’hui, ses vignes dispersées sur plusieurs départements s’étendent à 800 hectares, pour un effectif de 300 salariés répartis sur 14 domaines. Repoussant les frontières, les rachats de domaines se succèdent dans les Corbières ou les vignobles limitrophes, comme le Malepère, la Cité de Carcassonne, la Clape, ou l’AOC Cabrières dans l’Hérault. Pour lui «l’excellence du terroir existe, il faut la faire connaître».

Défendus par un bataillon de commerciaux, les vins de Gérard Bertrand élargissent sans cesse leurs horizons, au point d’être présents dans 160 pays. Solidement référencé en France, il a su monter en qualité et construire une solide place à l’export. Cet homme de conviction, est le seul acteur d’envergure internationale à tout miser sur sa région natale. Et cela paye. Le chiffre d’affaires du groupe a atteint le cap des 100 millions cette année. Son bijou : le clos d’Ora, dans le Minervois. La première cuvée date de 2012, 10 000 bouteilles seulement, un assemblage de carignan, de grenache, de syrah et de mourvèdre.

Du côté des producteurs Gerard Bertrand Guilhem

Du côté des producteurs Gerard Bertrand Guilhem

Du côté des producteurs Gerard Bertrand Guilhem

En 2002, il achète le Château l’Hospitalet, un splendide domaine fondé en 1561 surplombant la Méditerranée, dans un site protégé de 1000 hectares de collines et garrigues, qui allie oenotourisme et culture des vignes. Le domaine sera transformé et agrandi, devenant le siège et la vitrine de ses vins. L’intégralité des vins Gérard Bertrand est présentée au caveau accolé à la cave de vinification et au chai à barriques. Soit plus de 200 cuvées. Une véritable bibliothèque du vignoble languedocien.

Du côté des producteurs Gerard Bertrand Guilhem

Du côté des producteurs Gerard Bertrand Guilhem

Constitué de plusieurs bâtisses, il abrite un hôtel trois étoiles de 38 chambres, un restaurant gastronomique, un espace d’exposition et plusieurs ateliers d’artistes. Incontournable depuis 2004, Jazz à l’Hospitalet produit des artistes à faire pâlir d’envie : de Norah Jones à Ben l’Oncle Soul en passant par Imany, Zucchero et Georges Benson. Pour Gérard Bertrand, le lien entre toutes les formes d’art et le vin est une évidence.

Du côté des producteurs Gerard Bertrand GuilhemDu côté des producteurs Gerard Bertrand Guilhem

Tandis que les vignerons de la région se mettent lentement au bio, Gérard Bertrand a fait pour ses domaines un pari beaucoup plus poussé : celui de la biodynamie. Une approche plus complexe qu’il découvre via la médecine homéopathique qu’il pratique. Cela tient de la révélation, il découvre cette manière un peu singulière de cultiver la vigne durablement, où raisin, terre, et ciel, sont censés entrer en symbiose. Il convertit 3 hectares, puis 5, puis 15. Il en est désormais à 500. Cette méthode fait appel aux cycles de la lune, à l’emploi exclusif d’une eau « dynamisée», brassée pendant quelques minutes dans une machine à tourbillons, puis pulvérisée sur les rangs de vigne, enrichie de diverses décoctions à base d’ortie, de pissenlit ou encore de feuilles de chêne. « Cette méthode a fait ses preuves chez nous, en donnant des vins plus vivants, en évitant la standardisation du goût, et bien sûr en respectant les écosystèmes. Quand on boit du vin, il faut qu’il y ait du sens derrière ». Un pari assez audacieux.

La biodynamie mobilise en effet plus de main d’œuvre que le conventionnel et d’importants investissements à tous niveaux : financier, humain et logistique.

Aujourd’hui 10 domaines sur 14 sont conduits en bio et appliquent les principes de la biodynamie devenue une valeur forte du groupe. Un même effort est fourni en cave avec des vinifications avec ou sans sulfite. Un bel exemple de réussite, bluffant pour une ancienne PME familiale.

PROPOS MARIE GINESTE – IMAGES © GUILHEM CANAL