Amélie Young Min Deguine : La cinquième saveur comme signature

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Elle a vécu plusieurs vies avant de trouver sa voie derrière les fourneaux. Née en Corée du Sud, passée par la finance, la télévision puis le cinéma, Amélie Young Min Deguine a fait de la cuisine son langage le plus personnel. À Montpellier, avec Umami, elle compose une cuisine franco-asiatique sensible et précise, entre mémoire coréenne, culture japonaise et produits français.

Chez Amélie, la cuisine ressemble à un passage entre deux mondes. Il y a d’abord la Corée du Sud, où elle est née. Séoul, ses premiers repères, ses parfums, ses souvenirs. Puis la France, où elle arrive en 1997, d’abord pour se former aux effets spéciaux dans le cinéma. Un autre univers de gestes, de précision et d’images, où elle rencontre Jean-Michel, photographe, qui deviendra son compagnon de route. Avant la cuisine, elle a connu plusieurs vies. La Bourse, la télévision coréenne, le cinéma. Mais en 2007, elle choisit finalement de suivre ce qui l’anime profondément : le goût. Elle se forme aux arts culinaires français, puis à la cuisine royale coréenne. Deux cultures, deux exigences, deux manières d’aborder l’assiette, qui deviendront sa signature. À Montpellier, elle lance d’abord l’atelier Umami, où elle transmet sa cuisine à travers des cours. Très vite, son talent se remarque. Deuxième prix du concours international La Cuillère d’Or, finaliste de MasterChef Corée à Séoul en 2016, elle ouvre l’année suivante Umami La Cinquième Saveur, rue Jean-Jacques Rousseau. Le nom dit déjà beaucoup. Après le sucré, le salé, l’acide et l’amer, l’umami désigne cette profondeur de goût difficile à traduire, cette sensation enveloppante qui donne envie d’y revenir. Chez elle, il devient une philosophie. Sa cuisine marie ses origines coréennes, sa culture culinaire japonaise et les produits d’excellence de sa terre d’adoption. Rien n’y est brutal. Tout repose sur l’équilibre. Un assaisonnement juste, une fermentation, un bouillon, un condiment, une texture qui réveille l’ensemble. Bibimbap, kimchi, tofu, miso, yuzu ou produits du terroir français dialoguent dans des assiettes lisibles, sensibles et extrêmement personnelles.

Aujourd’hui, l’aventure continue de s’écrire. Alors que le restaurant Umami s’apprête à tourner une page, un nouveau chapitre se prépare à quelques rues de là. En juin 2026, la cheffe ouvrira La Dame de Séoul, un lieu coup de cœur qu’elle imagine comme le prolongement naturel de son univers culinaire. En attendant, elle poursuit l’aventure au Bistrot Umami, place de la Canourgue, entourée de son équipe fidèle. Avec son entrée au sein des Chefs d’Oc, Amélie apporte une voix singulière au collectif : celle d’une cuisine métissée, sincère et fortement habitée. Une cuisine qui ne cherche pas à opposer les cultures, mais à les faire se répondre dans une même émotion.

« Je marie mes origines coréennes à ma terre de cœur et d’adoption. »