sur le grille Phillipe Corti

SUR LE GRILL : avec Philippe Corti

Philippe Corti a débuté sa carrière derrière les platines. le natif d’Ajaccio, qui vit dans notre région depuis l’âge de 2 ans, a mixé pour les plus grands clubs de la région avant de se lancer dans la télévision sous l’égide de Thierry Ardisson. A 58 ans, il a notamment fait ses premiers pas d’acteur dans la série “mafiosa” diffusée sur Canal +…

Chefs d’oc : Philippe Corti, que devenez-vous ?

Philippe Corti :

Suite au succès de la pièce de théâtre “Le Clan” (qui raconte l’histoire d’un clan de mafieux corses qui décident de kidnapper Sophie Marceau pour renflouer leurs caisses…) et de la tournée, nous sommes actuellement en tournage du film. J’ai enchaîné sur une série qui s’appelle “3615” à Paris. Et je continue bien sûr à animer quelques soirées, que je garde pour le plaisir !

Comédien, cela vous change de votre image de dj “roi de la fête” ?

Ce qui me plaît, et ce que j’ai essayé toute ma vie, c’est de faire des choses populaires au bon sens du terme. J’ai toujours adoré le jeu Inter villes par exemple ! L’Opéra, la corrida… tout ce qui nous rassemble, à partir du moment où le produit est de qualité, comme dans l’assiette !

sur le grille Phillipe Corti sur le grille Phillipe Corti

C’est ce que vous souhaitiez faire quand vous étiez jeune ?

Pas du tout ! En fait, jeune, je voulais être avocat ! Je cherchais un petit boulot d’été pour payer mes études. Comme j’étais à la fac de droit de Nîmes, j’ai commencé à organiser les soirées de la fac, puis à passer les disques car le DJ ne me plaisait pas ! Nous sommes en 1977, et je passe déjà ce que j’aime : de l’Opéra, Dalida, les Rolling Stones…

Mais alors, comment le personnage de “monsieur philippe corti” est-il né ?

Les gens ont senti tout de suite que je ne tricherais pas. C’est la première des vérités : dans les métiers artistiques, les compromis, il ne faut pas en faire ! Sinon, vous prenez la même route que tout le monde ! On est venu me chercher pour animer le mariage d’Yves Mourousi parce que je me démarquais des autres ! Le “Tout Paris” était à Nîmes pendant les ferias sous l’ère de Jean Bousquet, le maire de l’époque, qui était le patron de Cacharel. J’ai monté ma première bodega à Paris en parallèle. Beaucoup de personnalités venaient, c’était la première fois qu’elles entendaient les Gipsy Kings, mixés avec du Luis Mariano ! Thierry Ardisson y venait régulièrement le mardi soir. Au fil du temps, il m’a proposé de travailler avec lui. J’ai commencé la télé comme ça…

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Vous mixez à l’époque dans le monde entier, de new york à saint-tropez en passant par moscou et shanghai, avec et pour les plus grands, cela ne vous manque-t-il pas ?

Je me suis régalé. Avec Thierry Ardisson, on a donné au métier de DJ une résonance nationale ! Aujourd’hui, je me fais encore plaisir à l’Imperator ou à la Churascaïa, j’ai gardé les spots que j’avais depuis toujours : Cannes, le domaine de Murtoli en Corse, Saint-Pétersbourg… Mon plaisir aujourd’hui, à 62 ans, est de réunir 3 générations : les grands-parents qui m’ont connu quand ils avaient 40 ans, leurs enfants, et les enfants de leurs enfants qui ont aujourd’hui 17 ans !

Aujourd’hui, vous vivez à uzès, vous en appréciez la qualité de vie et la gastronomie. A ce sujet, êtes-vous plutôt tables gastronomiques ou adresses confidentielles ?

Pour moi, il n’y a pas de différences. Quand une table confidentielle est très bonne, on peut y retrouver de grands Chefs. La cuisine, c’est comme la peinture ou la musique, il y a juste des êtres qui vous touchent. J’ai eu la chance de fêter les 60 ans du restaurant de Paul Bocuse, je suis très lié avec Mathieu Viannay, Gérald Passedat… En toute modestie, je pense que nous avons un point en commun avec les Chefs : cette touche de folie qui nous distingue ! Et puis, c’est le privilège de mon grand âge : ces grands Chefs, quand ils étaient plus jeunes, sont tous venus danser à La Scatola, au Palace ou aux Bains Douches !!!

Face à un menu, êtes-vous plutôt du genre à prendre des risques ou à choisir ce que vous aimez ?

Quand on a affaire à des personnes de ce niveau-là, avec ce niveau de travail et d’exigence, on ne peut que se laisser porter…

Quel serait votre meilleur souvenir de gastronomie ou autour d’une table ?

Cela va vous surprendre, mais je vais vous parler de l’enterrement de mon père… Une des traditions, en Corse, c’est que les gens du village viennent manger avec la famille après les obsèques. Gérald Passedat était présent (Le Petit Nice, trois étoiles Michelin NDLR), il nous a préparé du poisson en hommage à mon père dont la pêche était la passion : truites, perches, loups… accompagné d’un Condrieu blanc… C’est un grand souvenir pour moi, un moment tellement intense en émotion…

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Etes-vous attaché à la notion de terroir ?

Je suis très attaché à déguster des produits de terroir, locaux et de saison. C’est une question de respect là encore. À Rome, on mange comme les Romains !

Au quotidien, cuisinez-vous ? Vous rendez-vous sur les marchés ou chez des producteurs ?

Tout à fait. Si vous ouvrez mon frigo, vous y trouverez des légumes de saison, des poissons du Grau-du-Roi, des bocaux de fruits à l’eau-de-vie, que je prépare moi-même… J’adore cuisiner, particulièrement l’épaule d’agneau avec un wok de légumes méditerranéens, des artichauts, de l’huile d’olive… Je cuisine pour moi et pour faire plaisir à mes amis !

Et le vin, dans tout cela ?

Il est des terroirs que j’aime plus que d’autres. Je n’aime pas le Bordeaux pour de multiples raisons, y compris historiques ! J’aime les vins complexes, de qualité. Je citerai en vrac Châteauneuf-du-Pape, un Domaine de la Mordorée, un vin d’Uzès, de la Clape, Les 3 clochers…, et bien sûr quelques vins corses qui sont magnifiques !